Le 25 mai, l'avant-garde de l'armée de Mao Tse Toung parvient aux portes de Shanghaï, la plus grande ville de Chine, qui est défendue par les troupes nationalistes du général Tchang Kaï-Chek. Les soldats communistes progressent méthodiquement, carrefour par carrefour, avançant par bonds en rasant les murs des gratte-ciels. Une brigade de transmissions installe le téléphone dans les blockhaus abandonnés par les nationalistes.

1949-ShanghaiAucun engin motorisé ou canon d'artillerie n'entre dans Shanghaï avec les fantassins communistes : apparemment, l'armée maoiste ne possède rien d'autre que des vieux fusils, de vieilles mitrailleuses et des uniformes délavés.


Face à eux, les soldats nationalistes pratiquent la "défense élastique" en quittant leurs positions et en s'éloignant du front à bord de milliers de vélos-pousse lourdement chargés de tous leurs bagages.


Le porte-parole de la garnison nationaliste annonce aux journalistes étrangers que "la bataille contre les bandits communistes continuera jusqu'au bout". La nuit précédente, des barges chargées de troupes traversaient le fleuve dans le noir et se dirigeaient vers la rive de Shanghaï. La garnison nationaliste a alors tiré à feu nourri sur les embarcations qui, lorsqu'elles se sont approchées, se sont révèlées être chargées de soldats de leur camp.

Les survivants ont déclaré à leur hiérarchie qu'ils effectuaient un repli stratégique nocturne. Le 26 mai, 3 bateaux sont venus décharger 20.000 tonnes de riz à l'embouchure du fleuve Houang Pou... Celà devrait permettre à l'armée maoiste de nourrir un grand nombre de ses combattants. Tout ces faits mis bout à bout laissent à penser que Shanghaï devrait tomber assez rapidement entre les mains des soldats communistes...