Fin juin, alors que son siège officiel est en Yougoslavie, le bureau d'information des partis communistes (le Kominform) se réunit en Roumanie à la demande du parti communiste d'URSS et de Staline. Puis, le 28 juin, à Prague, le Kominform accuse la direction du Parti Communiste Yougoslave, le maréchal Tito, le général Rankovitch, le général Djilas et le ministre Edvard Kardelj, d'abandon du marxisme-léninisme.

1948-Marechal TitoLa direction du Parti Communiste Yougoslave et ses dirigeants sont également accusés d'avoir eu une "politique inamicale envers l'URSS", d'avoir qualifié le Parti Communiste d'URSS de "parti dégénéré"et d'avoir "emprunté la voie contre-révolutionnaire du trotskisme". 

Il lui est également reproché de n'avoir pas réalisé la nationalisation des terres agricoles de la Yougoslavie, permettant ainsi la concentration de grandes propriétés terriennes.

A Belgrade, bien que les journaux et les radios yougoslaves, roumaines, albanaises, hongroises et tchécoslovaques n'aient absolument pas parlé du communiqué par lequel le Kominform accable les communistes yougoslaves, la population de la capitale est sidérée !

La rumeur qui parcoure alors la ville affirme que plusieurs dignitaires communistes ont rejoint le maréchal Tito dans sa résidence d'été de Slovénie...

Afin de clarifier la situation, le général Djilas fait alors savoir à la presse yougoslave qu'un important communiqué va bientôt être publié. En Italie, pays voisin de la Yougoslavie, le Parti Communiste Italien annonce qu'il approuve le Kominform et qu'il condamne lui aussi, avec la plus extrême fermeté, l'attitude du Parti Communiste Yougoslave et de son principal dirigeant, le maréchal Josip Broz Tito.