La commission des finances du gouvernement français se réunit au mois de mai pour débattre du redressement économique du pays. Le premier point à l'ordre du jour concerne la Société Nationale des Chemins de Fer. En effet, le rapport Huisman et Lemoine indique que la SNCF compte 325.000 retraités pour 475.000 agents en activité. Mais Christian Pineau, ministre socialiste des finances, refuse de reculer l'âge de leur départ en retraite...

1949-Christian PineauIl explique à la commission que, bien qu'il soit le plus bas d'Europe, ce n'est pas le moment de le reculer : dans l'immédiat, la SNCF préfère donner la priorité à la diminution des effectifs de son personnel.

Le sujet suivant concerne les taxes sur l'essence : la commission propose de ne pas les augmenter pour éviter une hausse du coût de la vie. Elle constate à ce propos que la suppression des tickets de rationnement à fait disparaître le marché noir, facteur d'inflation.

Christian Pineau décide quant à lui d'interdire aux camionneurs d'effectuer des transports sur de longues distances : il pense que cela suffira pour "juguler la consommation".

Le point suivant de l'ordre du jour porte sur les taxes sur l'alcool. La commission suggère de rétablir celles qui concernent les apéritifs... Elle profite de l'occasion qui lui est donnée pour rappeler au ministre que l'anis apéritif est interdit mais pas l'anis digestif !

Christian Pineau pense pour sa part qu'une baisse des taxes sur l'alcool, jumelée avec une augmentation des amendes infligées aux bouilleurs de crus et aux distilleurs ambulants, permettrait d'éradiquer la fraude... notamment celle qui sévit dans le sud et dans l'ouest du pays. La commission bondit aussitôt et annonce qu'elle refuse d'augmenter les amendes. Ses travaux sont alors transmis à l'Assemblée nationale pour approbation...