Le général de Gaulle prononce un discours important à Strasbourg au début du mois d'avril. Il y appelle les français à se rassembler, au delà du clivage des partis politiques, pour oeuvrer au redressement de la France. Cependant, il n'indique à aucun moment comment va se constituer ce rassemblement, quel programme il propose, ni quel type de gouvernement il entend former. Toutefois, quelques rumeurs circulent déjà...

1947-De Gaulle-discours de SrasbourgLes noms d'André Malraux, Jacques Soustelle et Jacques Baumel ont été évoqués comme possible ministres d'un futur gouvernement gaulliste. Par ailleurs, à l'occasion du discours du général, le premier comité du Rassemblement du Peuple Français (RPF) est créé à Strasbourg.

Un autre rumeur affirme que de Gaulle a l'intention de procéder à une amnistie politique. Elle provoque alors une forte demande d'adhésion au RPF de la part des anciens pétainistes.

Mais, de peur de voir trop de ces personnes venir grossir les rangs du RPF, leurs demandes sont provisoirement rejetées.

Le général de Gaulle veut plutôt faire venir à lui les 8 millions d'abstentionnistes : il est intimement convaincu que la perspective de se retrouver dans un mouvement hors des partis saura les séduire !

En octobre, 6 mois après le discours de Strasbourg, des élections municipales ont lieu dans tous le pays. Les électeurs donnent près de 40% de leurs suffrages au Rassemblement du Peuple Français qui s'empare alors de la mairie de Paris et de nombreuses communes de la banlieue parisienne. Ce gain se fait surtout au détriment du Parti Communiste Français, lequel perd ainsi plusieurs de ses bastions. En privé, le général de Gaulle se félicite du recul du PCF, qu'il qualifie de "délégué d'une dictature étrangère".