La perte de l'île de Cuba et celle des Philippines provoque une dégradation économique en Espagne qui frappe notamment son industrie textile. Cette crise éclate alors que le peuple espagnol commence à refuser d'aller faire la guerre au Maroc. Dans ce climat tendu, une grève générale éclate à Barcelone et, assez rapidement, se transforme en révolution. Au bout de 6 jours, les rues sont couvertes de barricades...

1909-Barcelone en greve generaleLes 700.000 catalans qui habitent cette ville s'y battent farouchement contre les forces de l'ordre.

La loi martiale est décrété le 26 juillet et la garde civile, qui se met à tirer sur les émeutiers, en tue 104.

Les anarcho-syndicalistes incendient alors des églises et des couvents avant de se rendre. 

Francisco Ferrer est arrêté et est aussitôt accusé d'être à l'origine du chaos qui a mis Barcelone à feu et à sang.

Les autorités lui reproche également d'avoir utilisé la fortune dont il a hérité pour financer les syndicats ouvriers espagnols et avoir ouvert plusieurs écoles laïques en Catalogne. Il est condamné à mort et exécuté le 13 octobre. Lorsqu'il apprend cette exécution, le roi Alphonse XIII la désapprouve, exige la démission du gouvernement d'Antonio Maura et l'obtient. Trois mois plus tard, en France, les syndicats ouvriers décident de rendre hommage à Ferrer...

Ils obtiennent le droit de défiler mais, afin d'éviter tout débordement et toute dégradation, les autorités françaises assortissent leur autorisation de conditions draconniennes. Les anarcho-syndicalistes français se retrouvent donc massivement encadrés par des rangées de dragons et de cuirassiers de l'armée française au mileu desquels ils défilent aux cris de "Vive Ferrer", "A bas la calotte !" et chantent l'Internationale.