L'éditeur munichois Albert Langen propose au caricaturiste norvégien Olaf Gulbransson de venir travailler à Simplissimus, l'hebdomadaire satirique qu'il a créé il y a quelques années. Gulbransson quitte alors Trangviksposten, le minuscule journal satirique norvégien où il dessinait et, au sein d'une équipe d'écrivains et de dessinateurs très motivés, il devient rapidement un des meilleurs caricaturistes de Simplissimus.

P1150869L'équipe se compose, entre autres, du peintre Thöny, du dessinateur érotique autrichien Von Reznicek, du décorateur français Bruno Paul, du trés politisé Thomas Théodor Heine et, désormais, du dessinateur norvégien Olaf Gulbransson.

Pour avoir publié une caricature de Heine moquant l'empereur, Simplissimus et l'auteur du dessin sont condamnés en justice. Cette affaire apporte une telle célèbrité au journal qu'il double rapidement ses ventes.

Simplissimus a pour principe d'accompagner chaque dessin satirique d'une ou deux lignes acides. Elles sont écrites par l'équipe qui se réunit joyeusement chaque semaine pour trouver les saillies les plus mordantes.

Hélas, en 1914, la guerre divise ce groupe, dont plusieurs des membres viennent de pays impliqués dans le conflit. Certains partent, les autres continuent et transforment Simplissimus en un journal trés fortement inféodé à l'état militariste prussien.

Dans les années 1920, Simplissimus redevient un journal satirique mais, en 1933, quand Adolf Hitler prend le pouvoir, le juif Thomas Théodor Heine préfère prudemment s'éloigner de l'Allemagne nazie. Simplissimus continue néanmoins de paraitre... sous la surveillance étroite de Joseph Goebbels, le ministre du Reich à l'Education du peuple et à la Propagande. Devenu l'ombre de ce qu'il était, Simplissimus disparaît finalement en octobre 1944.