Au début du mois de juin, Harry Truman, président des Etats-Unis, termine à peine de ratifier la mise en place du Plan du général George C. Marshall que les premiers convois de marchandises destinées à aider l'Europe à se reconstruire font déjà route vers les ports américains. En effet, précédemment, un crédit d'urgence de 55 millions de dollars a été voté pour secourir au plus vite l'Autriche, l'Italie et la France...

1948-George MarshallCependant, le premier pays à recevoir cette aide est l'Angleterre (suivi ensuite par la France).

La loi qui vient d'être votée par les sénateurs américains prévoit le déblocage d'un budget de 5,3 milliards de dollars que les USA utiliseront pour acheter des produits américains et les envoyer en Europe.

Officiellement, le plan Marshall a pour but de redonner de la prospérité à ces pays afin de leur permettre de sauvegarder leur indépendance nationale...

Un autre des objectifs poursuivis est de s'assurer qu'ils se maintiendront dans le camp de la démocratie, alors même que la guerre froide prend de l'ampleur.

Ici et là en Europe, des voix commencent toutefois à s'élèver pour dénoncer ce qui, sous couvert d'aide, leur apparaît avant tout comme une opération de propagande politique.

D'autres pointent du doigt ce qu'ils considèrent comme une sournoise entreprise de pénétration commerciale des USA en Europe. Face à ces embryons de polémiques potentiellement fâcheuses, le secrétaire d'état George C. Marshall a jugé utile d'entamer au plus vite un périple en Europe pour aller à la rencontre des différents chefs syndicalistes et, ainsi, de les convaincre de la bonne foi des Etats-Unis d'Amérique.