Au mois d'avril, des tribus hostiles au sultan Moulay Hafid se soulèvent et établissent un siège au pied des puissantes murailles de Fès. La France craint que la prise de la ville ne mette en danger les français et les européens qui s'y trouvent. Cependant, bien que les rebelles s'avèrent incapables d'entrer dans Fès, le sultan demande à l'état-major français d'envoyer des troupes à son secours et, le 21 mai, 4 bataillons de l'armée coloniale entrent sans difficulté dans la ville.

Fes-Maroc

Ils rétablissent l'ordre dans tout le pays mais, toutefois, l'état-major français précise qu'il n'entend pas que ses troupes y restent à demeure.

C'est pourquoi il veut donner au sultan Moulay Hafid les moyens militaires qui lui permettront de maintenir lui-même l'ordre.

La France envisage alors de le doter d'une petite armée, encadrée par des instructeurs français. Cette armée devra, à terme, être capable de museler toute rébellion et de permettre la levée régulière des impôts.

Le 1er juillet, l'Allemagne élève une vive protestation contre l'entrée de l'armée française dans la ville de Fès et fait mouiller une de ses canonnières devant le port d'Agadir : la République française s'attend alors à ce que l'Allemagne débarque au Maroc et qu'elle viole ainsi les traités qui reconnaissent les "intérêts privilégiés de la France au Maghreb".

Cependant, forte du soutien de ses alliés, la France voit son protectorat au Maroc être confirmé au niveau international le 4 novembre. L'Allemagne obtient cependant, en échange de sa renonciation à toute prétention en Afrique du Nord, la cession de vastes territoires au Congo...