Au début du mois de février, à Paris, Habib Bourguiba est reçu par différents membres du gouvernement français. Puis il reçoit ensuite la presse dans ce qui est désormais devenu le siège parisien de la délégation du... gouvernement tunisien. Au balcon du bâtiment flotte d'ailleurs un drapeau tunisien. Dans le salon de reception, c'est Hassen Belkhodja qui accueille les journalistes...

1956-Habib Bourguiba

Les portraits du président René Côty et du bey Sidi Lamine trônent côte à côte sur le mur.

Habib Bourguiba est légerement en retard : l'entretien qu'il a eu au Quai d'Orsay avec Christian Pineau, Alain Savary et Roger Seydoux a duré plus longtemps que prévu.

Bourguiba s'adresse aussitôt à la presse à qui il annonce que la Tunisie va se doter d'une diplomatie et d'une armée.

Habib Bourguiba juge utile de préciser aux journalistes que son pays aura donc un ministre de la Défense nationale et un ministre des Affaires étrangères. Cet décision a été obtenu par Habib Bourguiba directement auprès de Guy Mollet, le président du Conseil. La création de l'armée nationale tunisienne n'aura cependant lieu que si elle respecte les conditions exigées par la France...

En effet, l'objectif du gouvernement français consiste avant tout à mettre sur pied une défense commune franco-tunisienne. Quant à la diplomatie tunisienne, elle sera "coordonnée" à celle de la France. Habib Bourguiba pense toutefois que ce traité d'alliance conduira, à terme, à l'indépendance de la Tunisie et qu'il apportera la paix à toute l'Afrique du Nord.