Le matin du 13 mai, Alger est calme. Puis, à la mi-journée, des voitures équipées de haut-parleurs sillonnent la ville et appellent les habitants à la grève et à se rassembler "pour la France et pour l'Algérie" : les terrasses des restaurants se vident, les trolleybus rentrent au dépot, les magasins baissent leurs rideaux et les taxis s'éclipsent tandis qu'un groupe de lycéens venus d'Hussein-Bey se dirige vers Alger...

1958-soldat du contingent en Algerie francaise

Un autre rassemblement de jeunes gens remonte vers le plateau des Glières en scandant "Algérie française !". Ils portent une banderole, noyée au milieu de drapeaux français, sur laquelle est écrit "Vive de Gaulle !".

Des étudiants essayent de convaincre les employés de la poste et les employés non grévistes d'une banque de quitter leur travail. Quelques 1000 policiers ont été positionnés sur les points stratégiques de la ville.

Une compagnie de CRS a été discrètement mise en faction sur les quais et sur les terre-pleins du ministère de l'Algérie, lieu de la manifestation à venir.

L'Echo d'Alger affirme que la protestation des français d'Algérie est dirigée contre la politique d'abandon de l'Algérie de Pierre Pflimlin, le chef du gouvernement français, et aussi pour rendre hommage aux 3 soldats français assassinés par le FLN.

Les régiments de soldats qui ont exprimé leur sympathie aux manifestants ont été consignés dans leurs casernes.

Des groupes venus de Biaggi viennent encore grossir la foule déjà rassemblée à Alger.

A Bone et à Oran, d'autres manifestations ont lieu, uniquement destinées à saluer la mémoire de Robert Richomme, René Decourteix et Jacques Feuillebois, les 3 appelés que le FLN a fait exécuter...