Le 9 mai, alors que le journal la Pravda évoque d'éventuelles sanctions économiques de l'URSS à l'encontre de la Yougoslavie, Nikita Khrouchtchev adresse un télégramme au maréchal Tito pour lui dire qu'il désire ardemment voir se régler les différents qui séparent leurs 2 pays. Mais, à la fin du mois, l'URSS annonce subitement qu'elle bloque désormais les prêts qu'elle a promis à la Yougoslavie en 1956.

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La décision des soviétiques amène alors tous les communistes yougoslaves à faire bloc autour du maréchal Tito.

Pour leur part, les dirigeants communistes russes accusent Tito de "déviation révisionniste" car il a accepté un crédit proposé par les USA, dont le but est de "briser l'internationnalisme prolétarien".

La sanction de l'URSS est pour la Yougoslavie mais la Pologne comprend qu'elle fait également figure d'accusée...

En effet, les polonais  viennent de demander pour la seconde fois une aide économique aux Etats-Unis.

La suspension des prêts de l'URSS à la Yougoslavie va empêcher cette dernière de moderniser son industrie et d'augmenter sa production d'électricité. A défaut de s'y résigner, Tito va donc probablement demander les 280 millions de dollars dont il a besoin aux USA et ne se ralliera définitivement pas au "camp socialiste". 

Alors que le conflit idéologique qui oppose Khrouchtchev à Tito a amené les soviétiques à renier leur engagement financier envers les yougoslaves, les pays non-alignés d'Asie et d'Afrique (ayant ou n'ayant pas encore reçus une aide des russes) se demandent désormais quelle est la contrepartie qui peut un jour leur être demandée par les dirigeants de l'Union Soviétique