Dans les rues de Bucarest, les militaires fraternisent avec les manifestants anti-Ceausescu qui montent en souriant sur les blindés de l'armée. Une marée humaine de civils, de policiers et de soldats converge ensuite vers le palais présidentiel pour en chasser le dictateur détesté. Autour de sa résidence, la foule hostile ne cesse de grossir et une rumeur la parcoure alors : Nicolae Ceausescu s'est enfui en hélicoptère !

1989-Corneliu Manescu-president roumain par interim


Puis, la télévision roumaine annonce que Corneliu Manescu, ancien ministre communiste des Affaires étrangères, assure désormais la direction du pays au nom du Front de Salut de la Patrie.


Derrière la frontière, Radio Belgrade affirme que Ceausescu a été arrêté sur ordre de hauts gradés roumains et une radio hongroise qu'il a, au contraire, pris la fuite pour la Chine.

Mircea Dinescu, un dissident exclu du Parti Communiste Roumain, confirme sur les ondes de Radio Bucarest que Ceausescu a perdu le pouvoir et il lance au peuple roumain un appel au calme.

Plusieurs agences de presse de pays communistes d'Europe de l'Est annoncent alors que les forces de la Securitate, la police politique roumaine, ont ouvert le feu sur la foule massée autour du palais présidentiel à Bucarest

La télévision roumaine déclare quant à elle que le général Vasile Milea, ministre roumain de la Défense, s'est suicidé. Le régime de Nicolae Ceausescu semble être définitivement renversé, et ce grâce au formidable élan du peuple roumain, appuyé par des hauts gradés de l'armée. Ces derniers entendent d'ailleurs bien être récompensés de leur participation au coup d'état populaire par l'obtention de plusieurs portefeuilles ministèriels...