Le 14 décembre, le démocrate-chrétien Patricio Aylwin est démocratiquement élu président du Chili. Il va donc remplacer le général Augusto Pinochet et, du même coup, mettra fin à 16 ans de dictature militaire. Aylwin a été élu avec 55,2% des suffrages face à Hernan Buchi (29,4%), candidat officiel de Pinochet, et à Francisco Javier Errazuriz (15,4%), candidat du centre-droit...

1990-Patricio Aylwin

Les forces démocratiques ont su tirer les leçons de leurs divisions de 1973, lesquelles avaient à l'époque accéléré l'arrivée de la dictature militaire.


Pour l'élection actuelle, les partis de gauche et de centre-gauche ont fait front commun et leur candidat unique leur a apporté la victoire.


Patricio Aylwin va donc leur permettre de gouverner ensemble, face à une droite désormais soucieuse de renouer avec la démocratie.

Cependant, la Constitution chilienne autorise le général Pinochet à reprendre sa place à la tête de l'armée du pays.

Il compte bien évidemment le faire, obtenant ainsi son impunité et celle de tous les militaires qui, avec lui, se sont rendus coupables de crimes contre les Droits de l'Homme. Avant de perdre ces élections, son gouvernement a d'ailleurs rapidement fait voter plusieurs lois destinées à bloquer la démocratisation du Chili.    

Dans ce qui était la dernière dictature d'Amérique latine, les militaires restent toutefois omniprésents dans les administrations. Pour l'heure, la foule manifeste sa joie dans tout Santiago et des cortèges de voitures défilent en klaxonnant. Des milliers de partisans de Patricio Aylwin attendent son apparition au siège de son comité de campagne en chantant "il va tomber". Ils désignent le dictateur... évidemment !