Dans les années 1950, les recherches américaines pour obtenir une électricité d'origine nucléaire suivent différentes voies. Certains scientifiques travaillent au développement de réacteurs dits "à Sels Fondus" : le combustible nucléaire utilisé est du thorium 232 qui est liquéfié et mélangé à du sel fondu. Parmi les avantages de cette technologie, prédomine celui de la stabilité du combustible nucléaire. 

1979-Three Mile Island

Le risque d'accident en cas de fuite est insignifiant et la surchauffe du réacteur est maîtrisable. En outre, la quantité de thorium 232 disponible sur la planète est non seulement bien répartie géographiquement mais également 3 à 4 fois supérieure à celle de l'uranium. Le réacteur à Sels Fondus possède aussi l'intérêt de produire 4 fois moins de déchets nucléaires qu'un réacteur à eau pressurisée et uranium.

Par contre, l'uranium se transforme après utilisation en plutonium, lequel permet de fabriquer des bombes atomiques... Dans le contexte de la guerre froide, l'état-major américain et ceux des autres pays occidentaux font alors pression sur leurs gouvernements pour qu'ils choisissent la voie des réacteurs à l'uranium. En 1969, le seul réacteur à Sels Fondus qui existe, à Oak Ridge (Tennessee), est  donc mis à l'arrêt... 

L'industrie du nucléaire se lance alors fébrilement dans la construction de réacteurs à uranium et en découvre, 10 ans plus tard, les premières failles de sécurité : le 28 mars 1979, un grave accident survient dans la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island, en Pennsylvanie. Il commence par une fuite du circuit d'eau primaire. N'étant plus refroidi, l'uranium entre alors partiellement en fusion...