Après avoir obtenu que la France accorde son indépendance à son pays, Habib Bourguiba en prend la présidence. Il fait de la Tunisie un modèle de modernité, pratiquant un islam tolérant. Cependant, après 30 ans de pouvoir sans partage, Bourguiba a muselé l'opposition démocratique et fait interdire les syndicats. Malgré cela, les tunisiens s'attendent à vivre, d'un jour à l'autre, l'effondrement de son régime...

1987-Ben Ali

Ils redoutent cependant de voir éclater une révolution islamiste menée par les intégristes ou que ne survienne un coup d'état débouchant sur une dictature militaire.

Leur surprise n'est donc que partielle lorsqu'ils apprennent, le 7 novembre sur Radio Tunis, que le président Bourguiba a été destitué par le général Zine El Abidine Ben Ali, son 1er ministre, pour incapacité à gouverner...

Ben Ali s'est d'abord assuré du soutien de l'état-major, de celui du bureau politique de l'hégémonique Parti Socialiste Destourien et du gouvernement dont il est le 1er ministre.

Puis, s'appuyant sur l'article 57 de la constitution et sur un rapport médical dressé par 7 médecins, il déclare alors qu'Habib Bourguiba est dans l'incapacité absolue d'assumer les charges de la présidence.

Le 1er ministre Ben Ali se proclame ensuite constitutionnellement président et désigne Hedi Baccouche, ancien ministre des Affaires sociales, comme 1er ministre.


Dans la foulée, le général Ben Ali annonce solennellement qu'il révisera prochainement la constitution car  "l'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'État, desquels le peuple se trouve exclu".