Le franco-belge Léon Campion fait son service militaire comme pilote dans l'armée belge et s'installe ensuite à Bruxelles, en 1923. Il y devient ami avec Marcel Dieu, alias Hem Day, qui lui fait découvrir les idées des anarchistes et, par la suite, celles des francs-maçons. En 1930, en France, Campion en devient l'un des grands maîtres, tandis qu'il assume également la fonction de secrétaire de la Libre Pensée.

1933 - Leon Campion

En Belgique, il s'occupe aussi d'un secrétariat : celui du Comité Maçonnique pour l'Objection de Conscience. Il réalise également des dessins de presse satiriques et pacifistes.

A Paris, les nationalistes de l'Action Française se déchaînent contre lui et parviennent à le faire expulser pour antimilitarisme en 1933.

Il se réinstalle donc en Belgique. Son ami Marcel Dieu et lui, arbitrairement rappelés sous les drapeaux, renvoient ensemble leurs livrets militaires aux autorités belges...

S'étant déclarés déserteurs, ils sont arrêtés et conduits dans un tribunal.

Campion et Dieu qui, pendant leur procés, passent leur temps à se moquer des juges et des militaires, sont respectivement condamnés à 18 et 24 mois de prison.

Ils se mettent alors en grève de la faim, deviennent célèbres et reçoivent des soutiens du monde entier. Paul-Henri Spaak, leur avocat, obtient par la suite leur libération... 

Léon Campion part travailler au cabaret des Deux Anes, à Paris. Lorsque la guerre éclate en France, étant fiché comme déserteur, il est interné dans un camp. Il en resort en 1940 et fait alors des allers-retours entre Paris et Bruxelles pour convoyer secrètement des courriers de la Résistance.


A la Libération, le déserteur Léon Campion est décoré de la Croix de guerre pour ses actes de bravoure dans la Résistance.