Au début du 20ème siècle, les enfants qui jouent sur la butte Montmartre, à Paris, fournissent au caricaturiste Francisque Poulbot d'excellents sujets pour ses dessins d'enfants du peuple. Comme il les publie dans le journal L'Humanité, il est alors catalogué de "socialiste révolutionnaire". En août 1914, Poulbot est mobilisé. Agé de 35 ans, il est affecté dans l'armée territoriale et reste à l'arrière du front.

1915-dessin de Francisque Poulbot

En 1915, il est réformé pour raison médicale. Francisque Poulbot est alors embauché à Le Journal, un quotidien nationaliste qui tire à plus d'un million d'exemplaires.

Les dessins de Poulbot sont édités en cartes postales, lesquelles sont vendues par Le Journal.

Le patriotisme ambiant amène Poulbot à dessiner des enfants qui "jouent à la guerre" et à tourner en ridicule les allemands.

Le Journal connaît cependant une grave crise en 1917... 

Lenoir, son principal actionnaire, est accusé d'être payé par l'Allemagne afin d'utiliser son quotidien pour dire du mal de l'Angleterre, alliée de la France.

Lenoir est rapidement fusillé et Le Journal perd la moitié de ses lecteurs du jour au lendemain.

En 1940, l'Allemagne nazie, victorieuse, occupe la moitié nord de la France. Se souvenant alors des dessins que Francisque Poulbot a fait 25 ans auparavant, pendant la guerre précédente, les occupants se montrent extrêmement rancuniers et Poulbot fait partie de ceux qui sont immédiatement interdits de publication.