Le 26 décembre, après un comité interministériel élargi, le 1er gouvernement de la 5ème République met au point un plan budgétaire, monétaire et social de grande ampleur. Il comprend la dévaluation du franc et son remplacement par un "franc lourd", l'augmentation et la libéralisation des échanges économiques, la modification du Salaire Minimum Garanti (SMIG), la réduction des subventions et l'augmentation des impôts... 

1958-Antoine Pinay

Le président Charles de Gaulle et le ministre des finances Antoine Pinay en donnent les détails le 29 décembre sur les ondes de la Radio Télévision Française.

Les socialistes Guy Mollet et Eugène Thomas élèvent aussitôt de très vives protestations contre la modification d'application du SMIG, contre la diminution des subventions et contre la baisse des remboursements de santé de la Sécurité Sociale.

Ils annoncent également que "si ces attaques contre les conquêtes sociales et le pouvoir d'achat de la classe ouvrière sont appliquées, tous les ministres socialistes de la SFIO quitteront le gouvernement".

De son côté, le président de la FNSEA fait parvenir un courrier au ministre de l'agriculture dans lequel il le prévient de la grande hostilité des agriculteurs face à la diminution des subventions et à l'augmentation des impôts...

Sa lettre met également vigoureusement en garde le ministre sur l'idée d'Antoine Pinay de remettre en cause la garantie des prix agricoles.

Les partis de la majorité présidentielle émettent pour leur part de sérieuses réserves sur certaines des décisions envisagées.

Toutes ces réactions hostiles laissent présager que le grand projet concocté par Antoine Pinay, bien que chaudement soutenu par le général de Gaulle, aura du mal à être intégralement appliqué...