1919-Ypres-en Belgique

En 1905, le capitaine Nicolardot est secrètement chargé par l'état-major français de trouver des produits chimiques qui permettront de produire des gaz de combat, tout en échappant aux interdits de la Convention internationale de La Haye. Sous les ordres de Nicolardot, 2.500 chimistes français se mettent au travail... tandis que l'industrie chimique allemande en emploie de son côté quelques 30.000 !

Au début de la guerre, l'armée allemande met en place une efficace commission secrète. Le 29 octobre 1914, à Neuve-Chapelle, dans le Pas de Calais, elle fait réaliser un premier test à son artillerie : 3.000 obus remplis de chlore sont tirés sur les lignes françaises. Mais, comme ils ne provoquent pas de dégâts chimiques, l'armée française ne se rend même pas compte du type d'attaque qu'elle vient de subir.

La France n'est pas pour autant une innocente victime puisqu'elle fait utiliser à ses soldats de nauséabondes grenades chimiques dont l'effet "boules puantes" oblige les allemands à abandonner leurs tranchées. L'état-major allemand s'indigne et proteste contre l'utilisation de ces armes chimiques. Mais, le 22 avril 1915, l'Allemagne passe à son tour à l'offensive et elle utilise, cette fois efficacement, un gaz terrifiant...

Dans le secteur belge d'Ypres, les soldats britanniques, canadiens, belges et français voient un étrange nuage d'un vert jaunâtre sortir d'une tranchée allemande. Poussé par un vent faible, ce nuage avance lentement vers eux. Lorsqu'il atteint leurs tranchées, le gaz chloré allemand empoisonne 5.000 soldats d'un coup. Les yeux exorbités et la bouche ouverte, ils se tordent atrocement de douleur avant de mourir.