Marius Jacob et ses complices sont arrêtés à Abbeville. Accusés d'avoir commis quelques 500 cambriolages, leur procès commence le 8 mars à Amiens. Les journaux nationaux sont venus assister à la procédure instruite contre ceux qui affirment voler les riches pour financer la publication de journaux anarchistes. En attendant, la bourgeoisie locale et les autorités sont ravies de les voir mis hors d'état de nuire.

1905-Marius-Jacob

Les notables espèrent, à l'occasion, que les conférences libertaires et les attroupements, qui rassemblent parfois plusieurs milliers de participants, cesseront aussi.

Au 1er jour du procès, un grand nombre de jurés s'abstient de venir au tribunal car chacun d'eux a reçu une lettre de menace de Germinal, un journal anarchiste de la région.

Les témoins se succèdent à la barre et Jacob, maniant habilement l'ironie, en profite pour se moquer des juges.


Le journaliste Maurice Leblanc est présent dans le tribunal. Le récit des aventures d'Alexandre Jacob l'inspire fortement : il écrit alors un roman à épisodes et crée le personnage d'Arsène Lupin "gentleman cambrioleur".


Chaque jour, le public est plus nombreux que la veille et Marius Jacob transforme la salle d'audience en tribune politique où il glorifie l'anarchisme. Furieux, le procureur obtient l'expulsion de tous les accusés. Bien qu'absents, ils n'en sont pas moins jugés et condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

Les gendarmes et les policiers d'Amiens reçoivent le renfort de 3 compagnies de chasseurs à pied. Ils chargent l'impressionnante foule qui s'est amassée devant les locaux du journal Germinal et la disperse. Marius Jacob, alias "Arsène Lupin", part ensuite pour le terrible bagne de Cayenne, en Guyane. Au bout de 25 ans, il en reviendra miraculeusement vivant.