Le matin du 5 octobre, parcourant les grandes avenues d'Alger, plusieurs centaines de jeunes, étudiants, lycéens et chômeurs, se mettent à tout détruire sur leur passage. A midi, une des artères qui descendent vers les quartiers résidentiels de la ville est transformée en champs de bataille : les boutiques sont pillées, les vitrines massacrées, les poubelles renversées sur la chaussée et de nombreuses voitures brûlées...

Quelques rues plus haut, environ 500 jeunes, tout aussi inorganisés et non politisés, pulvérisent une cabine téléphonique avant de se mettre à casser les vitres de la boite de nuit Le Blue Note. Puis, ils s'y introduisent et s'emparent des bouteilles d'alcool du bar. Ils resortent ensuite et jettent ces bouteilles sur les façades environnantes et sur les enseignes lumineuses avant de se regrouper devant le siège du FNL...

1988-Chadli Bendjedid

Les locaux du parti gouvernemental sont alors criblés à distance de jets de pierres par la foule des jeunes gens.

Face à eux, des Compagnies Nationales de Sécurité (CNS) et 3 blindés interdisent aux émeutiers l'accès au bâtiment du parti unique.

Puis, les forces de l'ordre tirent des grenades lacrymogènes et les groupes de jeunes algériens reffluent vers l'hôtel Albert 1er et l'agence d'Air Algérie qu'ils ravagent aussitôt.

La foule tente ensuite d'investir l'imprimerie du FNL mais les CNS s'interposent rapidement et les en empêchent à coups de matraques. Plusieurs manifestants, blessés par balles, sont hospitalisés.


Le lendemain, Chadli Benjedid, président de la République Populaire d'Algérie, décrète l'état de siège à Alger : toutes les autorités administratives, civiles et de police sont désormais sous l'unique commandement de l'armée...