Au Kenya, les services des banques dites "traditionnelles" sont relativement onéreux et, de ce fait, peu accessibles à bon nombre d'habitants du pays. Ces mêmes banques ont donc pris la décision de refuser d'ouvrir des comptes aux Kenyans pauvres. La société Safaricom a alors eu l'idée de créer la banque M-Pesa, dont les clients peuvent faire des transactions financières à partir d'un téléphone mobile... 

1998-Kenya

Le M signifie mobile et Pesa veut dire argent en langue swahili. 

Les Kenians qui n'ont pas de téléphone peuvent malgré tout se rendre dans une boutique M-Pesa agréée par Safaricom

Là, une commerçante indépendante réalise le mouvement financier de son client sur son propre téléphone mobile, moyennant une modeste commission.

Ces clients, bien que pauvres, peuvent ainsi faire parvenir de l'argent à leurs proches sans posséder ni compte bancaire, ni téléphone.

Dans un pays où le revenu mensuel moyen est de 11.600 shillings, soit environ 100 €, une vendeuse travaillant pour M-Pesa peut réaliser un gain personnel moyen de 250 € par mois.

Elle devra cependant en déduire la part qu'elle doit ensuite reverser à la banque M-Pesa.

Ainsi, grâce à ses millions de clients et à ses revendeuses, M-Pesa rapporte 440 millions d'euros de profits à Safaricom.

Ces centaines de millions de bénéfices sont rapidement repérés par le groupe anglais Vodafone qui, en 2000, décide d'acquérir 40% des parts de la société Safaricom et de sa banque M-Pesa. Les anglais de Vodafone s'emploient alors à faire grimper le chiffre d'affaire annuel de  M-Pesa, lequel bondit d'un seul coup à 1.860 millions d'euros...