Dans la nuit du 20 août, l'Armée rouge s'empare sans rencontrer d'opposition de la Tchécoslovaquie. Le lendemain à Prague, quelques habitants dressent des barricades et incendient des chars soviétiques. Les soldats russes répliquent en tirant sur les émeutiers. Radio Gottwaldova, la seule que l'Armée rouge ne contrôle pas encore, annonce que les russes ont tués une vingtaine d'écoliers qui leur jetaient des pierres.

1968-Ludvik Svoboda

Les soldats soviétiques tiennent désormais le ministère tchèque de la Défense, quasiment tous les médias, la plupart des bâtiments publics, ainsi que les locaux de Rude Pravo, le journal du Parti Communiste de Tchécoslovaquie (PCT) dont tous les journalistes ont été arrêtés.

Le bâtiment où s'est réfugié Alexandre Dubcek, le 1er secrétaire de ce parti, est cerné par l'Armée rouge et personne n'en sort. 

Ludvik Svoboda, le président de la Tchécoslovaquie, est lui aussi en résidence surveillée mais 11 ministres parviennent à publier une déclaration commune dans laquelle ils dénoncent l'occupation de leur pays par l'armée soviétique.

Dans l'aprés-midi du 21, Radio Moscou diffuse alors l'appel des personnalités tchèques qui auraient demandé l'intervention de l'Armée rouge dans leur pays mais sans en nommer aucune.

Le Parti Communiste Italien, le Parti Communiste Français, la CGT et la totalité des autres formations politiques et syndicales expriment leur désaprobation et affirment que l'occupation de la Tchécoslovaquie par l'URSS est totalement injustifiée. Charles de Gaulle, Tito, Nicolae Ceausescu, ainsi que les dirigeants anglais et allemands, condamnent unanimement cette intervention de l'armée soviétique...