Au printemps 1958, à Alger, des fidèles du général de Gaulle prennent discrètement contact avec l'extrême-droite locale. Pendant ce temps, à Paris, le général soigne son image de rassembleur. Après avoir été reçu par le président René Coty, Charles de Gaulle est envoyé en mission par l'Assemblée nationale le 1er juin. Le 4, il se rend à Alger où il termine son discours par "je vous ai compris !".

1961-general Raoul Salan

De retour à Paris, Charles de Gaulle annonce, devant une assemblée de colonels plutôt nostalgiques des colonies, que la France va désormais se doter d'une armée moderne et technologique mais également apolitique. 

Des militaires, membres de l'Organisation Armée Secrète (OAS), reprennent néanmoins leurs attentats en Algérie. Puis, à Paris, dans la nuit du 17 janvier 1960, 18 bombes explosent.

Le mois suivant, De Gaulle ordonne le 1er essai de bombe nucléaire dans le Sahara, histoire de faire comprendre aux militaires qu'une autre époque commence. Mais, le 21 avril 1961, les généraux Salan, Jouhaud, Zeller et Challe déclenchent un coup d'état militaire à Alger... 

A Paris, l'Assemblée nationale est placée sous la protection des blindés. Puis, l'ordre est rétablit et le général de Gaulle devient alors, pour la majorité des français, celui qui a su protéger la République.

Il affirme qu'il a barré la route à de dangereux putschistes (qu'il a, par ailleurs, indirectement favorisé) et obtient dans la foulée que l'élection présidentielle se déroule désormais au suffrage universel.

Le jeu politique du président Charles de Gaulle (et des Gaullistes) conduit Jean-Marie Le Pen, militant d'extrême-droite et grand connaisseur de la situation en Algérie française, à affirmer que "l'armée a servi de trampoline pour le nouveau régime". 

 

(sources : journal Le Monde