Au plus fort de la Révolution culturelle, la Chine décide de construire une ligne ferroviaire de 1860 kilomètres de long pour relier Dar es-Salaam, en Tanzanie, à Kapiri Mposhi, en Zambie. Avec ce projet, Mao nourrit 2 objectifs principaux : désenclaver la Zambie, laquelle subit le blocus des régimes racistes de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie, et aider le parti du socialiste tanzanien Julius Nyerere.

1968-Julius Nyerere

Accessoirement, le 3ème objectif des Chinois est d'acheminer le minerai de la Zambie jusqu'au port tanzanien de Dar es-Salaam pour pouvoir le convoyer ensuite jusqu'en... Chine.

L'embauche de 60.000 Tanzaniens et Zambiens est complétée par celle de 50.000 Chinois, lesquels sont amenés à Dar es-Salaam à l'aide de 5 lignes de navires venant de différents endroits de Chine.

Ces bateaux acheminent également de Canton à Dar es-Salaam 1 million de tonnes de matériaux de construction. La Chine paye les 500 millions de dollars que coûte cette marchandise et prête également 980 millions de yuans à la Tanzanie et à la Zambie (à taux zéro).

Les travaux se déroulent dans des conditions très difficiles, ponctués par des coulées de boue, des pluies torrentielles et des châleurs caniculaires.

S'y ajoutent des problèmes de communication entre Africains et Chinois et le paludisme pour ces derniers, lesquels ont droit à un seul congé tous les 2 ans.

La ligne ferroviaire, large de seulement 1 mètre, devient opérationnelle en 1976 et une gigantesque gare en acier et en verre est construite à Dar es-Salaam. Une société publique tanzano-zambienne assure alors la gestion des 1860 kilomètres de la "Tanzam"...