Le Monde, grand quotidien français d'information, tire la sonnette d'alarme sur la situation de la presse écrite dans son édition du 27 octobre. Plusieurs causes sont pointées dans l'article du journaliste Jacques Sauvageot, la principale étant, selon, lui la rude concurrence que lui mènent les stations de radios (difficile pour la presse d'oublier les reportages, fait 3 ans plus tôt en direct à la radio, des évènements de mai 1968).

1971-Le Monde

S'y ajoute la télévision, laquelle désaltère les téléspectateurs de leur soif d'images. Le journaliste note au passage que la télévision traite l'information de façon superficielle et rappelle qu'un journal télévisé de 20 minutes ne remplirait que 3 colonnes dans un quotidien. Sauvageot souligne que le plus grave pour la presse écrite est le siphonnage de la publicité opéré par les radios et la télévision au détriment de la presse.

La publicité est désormais essentielle pour les journaux papier puisqu'elle est devenue, au fil des années, sa principale ressource. Aujourd'hui, certains dépendent même d'elle à 100%. La situation du journal Le Monde n'est guère meilleure puisque ses recettes publicitaires représentent 60% de ses ressources. Jacques Sauvageot constate que les pouvoirs publics ont choisi de ne pas intervenir.

Cette attitude mène à la disparition progressive de nombreux titres et, de ce fait, réduit d'autant la pluralité de la presse écrite. Selon le journaliste du quotidien Le Monde, cela porte donc atteinte à la liberté d'expression. Ce cri d'alarme de Jacques Sauvageot est lancé alors que les journaux gratuits et internet, futurs dévoreurs de publicité et futurs impitoyables tueurs de concurrents, n'existent même pas encore...