A la fin de 1971, Urho Kekkonen, le président de la neutraliste Finlande, obtient la démission du gouvernement, alors composé de sociaux-démocrates, de centristes et de libéraux. Pour calmer l'URSS (la Finlande ayant failli vivre un coup d'état pro-soviétique en 1970), il programme des élections anticipées qui devraient permettre aux communistes finlandais d'accepter de revenir siéger dans le gouvernement...

1970-rencontre Finlande-URSS

Mais les communistes sont alors surtout occupés à se diviser entre partisans et ennemis de l'entrée de la Finlande dans le Marché commun. 

Le président Kekkonen demande donc au social-démocrate Rafael Paasio (bien que le parti de ce dernier soit minoritaire) de former un gouvernement.

Paasio s'exécute mais refuse ensuite de faire assumer à son parti la signature d'un accord commercial entre la Communauté Economique Européenne (CEE) et son pays.

Son gouvernement et lui démissionnent. De nouvelles élections ont lieu et le social-démocrate Kalevi Sorsa est chargé de former un nouveau gouvernement...

Sorsa choisit alors comme ministres des sociaux-démocrates, des centristes et des libéraux ! Parmi eux se trouvent Ahdi Karjalaïnen et Johannes Virolaïnen, 2 anciens 1er ministres, issus l'un et l'autre du Parti du Centre, mais trés souvent en désaccord, notamment sur l'épineux dossier du financement des retraites.

Sans trop y croire, les Finlandais espèrent que cette équipe tiendra jusqu'aux élections présidentielles de 1974. Pour l'heure, leur gouvernement envisage de se rapprocher commercialement de la CEE, tout en signant un accord économique avec le COMECON des pays soviétiques. Par ailleurs, Kalevi Sorsa vient d'entamer les mêmes négociations avec la RDA qu'avec la RFA, au nom du respect de la sacro-sainte neutralité finlandaise.