Dés le 1er siècle, les grammairiens grecs refusent catégoriquement toute évolution de leur langue : pour eux, la moindre modification de celle-ci ne peux que conduire à la "décadence" ! Dix neuf siècles plus tard, de très nombreux érudits grecs campent toujours sur cette ligne ...

1976-Grece

En 1901, des manifestations d'étudiants, qui refusent que le Nouveau Testament soit traduit en grec moderne, dégénèrent et se soldent par la mort de plusieurs personnes.

Dix ans passent, au bout desquels la Constitution grecque est modifiée : désormais, le grec ancien, que pratiquement plus personne ne parle, devient la langue officielle...

"Celle dans laquelle sont rédigés la Constitution et les textes de la législation grecque".

Cette modification est cependant atténuée en 1917 par un décret qui autorise (mais seulement dans les écoles primaires) l'enseignement du grec moderne, celui que pratiquement tout le monde parle. Mais, en 1920, ce décret est annulé.


Des décennies passent et une nouvelle réforme est mise en chantier en 1964. Elle aboutit au vote d'une loi en 1976. Celle-ci affirme que la langue qui sera enseignée dans les écoles sera désormais le néo-héllenique.


Les législateurs actent ainsi que la langue utilisée par le peuple grec, à condition qu'elle soit dénuée de tout particularisme ou régionalisme, est bien la langue officielle du pays. Depuis ce jour, l'opposition entre le grec ancien et le grec moderne s'estompe et le peuple grec utilise même, de manière trés naturelle, des mots de grec ancien pour enrichir le vocabulaire du grec moderne. 

A titre d'exemple, si "psomi" est le mot utilisé (en grec moderne) pour désigner le pain que les grecs achètent chaque jour à leur boulanger, le mot "artos" (issu du grec ancien) désigne désormais spécifiquement le pain béni de la messe dominicale.