Le 16 janvier, le chah et son épouse, l'impératrice Farah, quittent l'Iran pour l'Egypte. Auparavant, les autres membres de la famille impériale sont partis s'installer aux USA. Dés qu'elle est connue, l'annonce du départ du souverain iranien provoque une vague de manifestations de joie dans tout Téhéran : la population ovationne alors les militaires et, dans les casernes, les soldats décrochent le portrait du chah d'Iran...

1978-Shapour BakhtiarCertains l'avaient tout de suite remplacé par celui de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny quand ils ont su que le gouvernement américain retirait son appui au régime impérial du chah.

A ce moment là, de leur côté, les dirigeants de l'URSS se sont vaguement mis à espérer en tirer parti, tout en se montrant prudents devant l'arrivée probable d'un régime islamique dont ils ne connaissent pas les intentions réelles.

Si les nombreuses manifestations anti-américaines ont donné aux soviétiques la certitude que l'ayatollah Khomeiny est hostile aux "démons américains", l'URSS sait également combien l'ayatollah déteste les "athées marxistes".

Par ailleurs, Rouhollah Khomeiny affiche clairement son soutien à la cause palestinienne et sa grande détestation d'Israël : 2 prises de position qui lui valent l'entière sympathie des populations arabes  !

Pour leur part, les USA affirment que le mouvement religieux que dirige Khomeiny est infiltré par les communistes, ces derniers étant fortement implantés au sein de la jeunesse iranienne.

C'est dans ce contexte extrêmement instable que le dissident Chapour Bakhtiar, nommé 1er ministre par le chah et adoubé par les députés, a accepté de tenter de gouverner civilement le pays. Une tâche qui s'annonce des plus délicates...