L'armée du général Francisco Franco, qui s'empare de Barcelone le 26 janvier, continue ensuite sa progression et, le 10 février, occupe toute la Catalogne. Les troupes républicaines sont en déroute et, en files ininterrompues, des centaines de milliers d'Espagnols fuyent vers la frontière française. Après l'avoir franchie, les réfugiés sont séparés : d'un côté les hommes, de l'autre femmes, enfants, vieillards et malades...

1939-guerre civile espagnoleIls sont ensuite parqués sur 2 espaces, l'un et l'autre à ciel ouvert, où ils vont passer plusieurs jours et plusieurs nuits sans manger, dans le froid, sous la pluie et la neige.

Le 14 février, les 140.000 migrants espagnols retenus à Argelès-sur-Mer et à Saint-Cyprien n'ont que les maigres couvertures qu'ils ont amenés avec eux pour se protéger.

Les rares qui acceptent d'être renvoyés dans le Pays basque espagnol ont droit à une soupe chaude. Tous les autres reçoivent un morceau de pain sec.

Aucun des 2 campements n'a de toilettes et les excréments, délavés par la pluie, se répandent partout. La gale est omniprésente et des cas de dysentrie commencent à se multiplier à Saint-Cyprien.

Chaque matin, des personnes sont retrouvées mortes de froid et de faim.

Le gouvernement français fait installer des barbelés autour des 2 camps. Des Tirailleurs sénégalais et des Goumiers marocains sont chargés de les garder. La presse conservatrice s'inquiéte pourtant de la présence en France de "l'armée espagnole du crime". En Espagne, celle des nationalistes du général Franco entre dans Madrid le 28 mars. Puis, le 1er avril, Franco annonce à la radio que la guerre est terminée...