Le 31 janvier, devant les micros et les caméras du pays, le premier ministre iranien Chapour Bakhtiar affirme haut et fort qu'il résistera au chaos et à la "dictature noire" des religieux. Quelques heures après la fanfaronnade de Bakhtiar, l'ayatollah Khomeiny quitte son exil en France à bord d'un vol spécial de la compagnie Air France à destination de l'aéroport de Teheran, où il atterrit le 1er février, à 9 heures du matin...

1979-mollah iranien

Une foule de plus de 500.000 sympathisants est là pour l'acclamer. L'ayatollah prend brièvement la parole pour les féliciter d'avoir renversé le chah et leur promet la victoire. Puis il prend la route vers le cimetière de Behechtezahra où il doit prononcer un discours.


Le long du trajet, aucune force de l'armée ou de la police n'est présente : le service d'ordre est entièrement assuré par des centaines de religieux qui commandent une force d'environ 40.000 hommes armés, chargés du maintien de l'ordre et de la sécurité de l'ayatollah.


Le cortège qui escorte Khomeiny se fraye difficilement un chemin parmi les millions d'Iraniens enthousiastes massés le long du parcours et met ainsi plusieurs heures pour atteindre Teheran.

Enfin parvenu dans la capitale, l'ayatollah Khomeiny prend de nouveau la parole et déclare que, désormais, c'est lui qui nommera le gouvernement.

Ce dernier remplacera l'actuel gouvernement dont les membres seront trainés en justice devant les tribunaux religieux qu'il aura lui-même formé.

Sans jamais le nommer, Khomeiny vient de sceller le sort de Chapour Bakhtiar et de ses ministres. La "dictature noire" des religieux se met donc en place, au service de son guide spirituel, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny...