Dans les dernières années du 19ème siècle, une série d'attentats anarchistes sèment la terreur dans toute la France. Le gouvernement y répond par la mise en place de lois extrêmement répressives. Des militants anarchistes changent alors de stratégie et, délaissant le radicalisme, se tournent vers la création de "communautés rurales fraternelles" dont ils veulent faire des modèles pour la société libertaire du futur...

1903-communaute AiglemontCar, selon eux, le monde entier abandonnera demain l'économie capitaliste pour aller vivre dans des colonies anarcho-communistes.

Une 1ère "cellule autonome pour le développement d'un milieu libre en France" voit le jour en 1902. Elle grandit et comptera jusqu'à 250 "sociétaires" avant de s'auto-dissoudre.

A sa sortie de prison, en 1903, l'anarchiste Jean-Charles Henry décide à son tour de se lancer et fonde alors la colonie d'Aiglemont...

Niché à l'écart de ce bourg des Ardennes françaises, elle se trouve à proximité de la frontière belge. Henry bénéficie assez vite du soutien d'une partie des ouvriers du bassin industriel de la Meuse, lesquels viennent en train jusqu'à Aiglemont. La colonie s'attache à être exemplaire, si bien qu'elle attire à elle des dizaines de visiteurs, de nouveaux venus, de sympathisants ou de journalistes enthousiasmés par ce qu'ils voient.

Mais, par la suite, l'expérience d'Aiglemont se dégrade (du fait de mauvaises conditions climatiques, de mauvaises récoltes et de mésententes entre les "colons"). Si bien que, en mars 1909, les meubles de la colonie libertaire doivent être vendus aux enchères pour éponger ses dettes. Totalement désertés ensuite, les bâtiments de la "clairière des anarchistes" disparaissent alors, peu à peu dévorés par la forêt ardennaise.