Lors des élections présidentielles de 1974, l'équipe de campagne du candidat centriste Valéry Giscard d'Estaing recrute des membres de son service d'ordre dans les rangs de groupes d'extrême-droite. En 1977, Christian Bonnet, qui devient ministre de l'intérieur à la place de Michel Poniatowski, décide de combattre le terrorisme d'extrême-gauche en ouvrant le recrutement de la police à des militants d'extrême-droite...

1980 - 24 rue Copernic

Christian Bonnet justifie son choix en expliquant qu'il accueille dans les forces de l'ordre "le petit lait" à défaut d'avoir "la crême".

En août 1980, en Italie, un attentat ravage Bologne...

Le mois suivant, un autre a lieu en Allemagne, à Munich...

Il est immédiatement suivi par une vague de violences antisémites.


Puis, le 3 octobre, en fin d'aprés-midi, une bombe explose en France, à Paris, devant la synagogue située au 24 rue Copernic...


Elle tue 3 personnes et en blesse 20 autres.

Le président Giscard d'Estaing exige alors de la police "une action exemplaire".

Le lendemain matin à 6 heures, la police arrête 13 activistes des milieux d'extrême-droite et les met en garde à vue judiciaire. 

Quelques heures plus tard, Alain de Rothschild, président du Consistoire israélite de France et du Conseil représentatif des institutions juives de France prend la parole : il dénonce avec vigueur la passivité et l'indifférence du gouvernement, ainsi que "l'inexplicable impuissance de la police face aux néo-nazis".

Puis, interpellant le président Valery Giscard d'Estaing, il lui demande de lui faire connaître sans délai quelles mesures exceptionnelles il entend ordonner à son gouvernement, notamment aux ministres concernés par l'attentat...

(source : journal Le Monde - édition N°11098, du dimanche 5 et lundi 6 octobre 1980)