Au lendemain de l'élection du 10 mai, François Mitterrand, le nouveau président socialiste de la République française, désigne Pierre Mauroy comme 1er ministre. En attendant que ce dernier prenne ses fonctions, l'ancienne équipe (celle du centriste Raymond Barre) gère les affaires courantes. Le 20 et le 21 mai, le franc subit de violentes attaques qui font fortement fondre les réserves monétaires de la France...

Jacques_Delors

En effet, depuis le 11 mai, les pertes de la Banque de France avoisinent désormais les 6 milliards de $.

Une partie de cette évaporation provient d'entreprises qui, craignant une baisse du franc, achètent des devises et, ce faisant, affaiblissent cette monnaie.

Des mesures de défense auraient dû être prises plus tôt et, à demi-mot, Jacques Delors accuse le gouvernement Barre de n'avoir volontairement rien fait.

Dans cette situation délicate, Pierre Mauroy prend ses fonctions le 21 mai et annonce la composition de son gouvernement le 22.

Le nouveau 1er ministre prend aussitôt des mesures de défense du franc... 

Jacques Delors (nouveau ministre de l'économie), Renaud de la Génière (gouverneur de la Banque de France) et Jean-Yves Haberer (directeur du Trésor) oeuvrent ensemble au resserrement du contrôle des changes.

La Banque de France relève les taux d'intéret à court terme pour retenir les capitaux dans le pays et porte son taux directeur à 22%. Les sorties de devises commencent alors à diminuer. De son côté, le président François Mitterrand signe sans attendre la dissolution de l'Assemblée nationale : les élections législatives qui suivront devraient normalement lui donner une majorité qui lui permettra de légiférer...