En juillet, les Allemands de l'est se ruent dans les banques et changent leurs marks de l'est contre ceux de l'ouest (qui valent 4,4 fois plus). Ils peuvent ainsi s'offrir les produits qui sont fabriqués et vendus à l'ouest. Dans le même temps, les prix des biens produits dans l'ex-RDA, désormais soumis aux prix du marché, bondissent de 400%. Devenues non compétitives, les entreprises de l'est perdent peu à peu leurs clients...

Bundesarchiv_Bild_183-1990-1003-400,_Berlin,_deutsche_Vereinigung,_vor_dem_ReichstagLa production industrielle de l'ex-RDA chute alors de 44%. En août, elle perd de nouveau 52% et, par la suite, encore 70%.

Le nombre de chômeurs (sans compter le chômage technique) passe en 1 an de 7.500 à... 1,4 millions de personnes.

Les radios, les télévisions, les journaux, les maisons d'éditions, les écoles, les théâtres et les cinémas sont tous privatisées, essentiellement au profit d'entreprises d'Allemagne de l'ouest.

Après la fermeture des crèches gratuites, des milliers de salariées de l'est se font stériliser car les licenciements touchent prioritairement les femmes qui ne le sont pas.

Dans les 5 années qui suivent la réunification, 80% des actifs découvrent le chômage. Le quart des Allemands de l'est (dont 60% de femmes) part alors s'installer à l'ouest. A l'est, des tests d'évaluation politique sont mis en place par l'Académie des sciences...

Ils servent à repérer et à évincer des administrations et des entreprises ceux qui ont été classés comme étant "marxistes". Les chercheurs sont particulièrement visés : entre 1989 et 1992, leur nombre passe de 140.000 à 38.000. Dans le même temps, des cadres, venus d'Allemagne de l'ouest, s'installent dans les 5 Länder de l'est et y prennent la direction des administrations et des entreprises...

(source : journal Le Monde Diplomatique)