Le 10 décembre à Moscou, l'agence Tass publie une dépêche dans laquelle elle accuse le syndicat polonais Solidarnosc de vouloir renverser le pouvoir communiste de la Pologne et de s'en prendre à ses alliés. Le billet se termine par un appel aux autorités polonaises pour qu'elles prennent "les mesures appropriées" pour défendre leur état. Dans la soirée du 12, le général Wojciech Jaruzelski décrète alors l'état de siège en Pologne...

1981-general JaruzelskiUne vague d'arrestation frappe la plupart des dirigeants de Solidarnosc mais 5 d'entre eux en réchappent.

Ils parviennent à lancer un appel à la grève générale et, bien que l'armée soit omniprésente dans tout le pays, des tracts sont distribués dans plusieurs quartiers de Varsovie.

Dans son homélie du dimanche 13, l'archevèque Jozef Glemp constate que "l'autorité a cessé de représenter le dialogue pour les citoyens".

Le 14, Trybuna Ludu, journal du Parti Communiste Polonais, affirme : "Une décision difficile a été prise. Plus que jamais, nous avons besoin de calme, d'ordre et de discipline sociale".

Le secrétaire d'état américain Alexander Haig déclare de son côté qu'aucun mouvement de troupes de l'Armée Rouge n'a été détecté.

En France, le président François Mitterrand dit suivre la situation en Pologne avec une trés grande attention et, à Paris, les syndicats CFDT, FO, CFTC, FEN et CGC, avec le soutien de nombreux partis de gauche (ainsi que de ceux du RPR de Jacques Chirac et de l'UDF de Valéry Giscard d'Estaing), appellent à manifester le lundi 14. Quant au Parti Communiste Français (PCF) et à la CGT, ils n'y participeront pas. Le PCF souhaite que la crise, provoquée selon lui par les excès de Solidarnosc, se règle "sans intervention extérieure"...