En avril 1987, Ali Hassan Al-Majid, cousin de Saddam Hussein, reçoit de ce dernier la mission de s'occuper du "problème" du Kurdistan irakien. Ali Al-Majid demande alors conseil aux spécialistes de la STASI, la police politique est-allemande. Puis, il ordonne aux soldats qu'il commande de vider et de détruire un maximum de villages kurdes, avant de rassembler leurs populations dans des camps de regroupement...

1987-Ali Hassan Al-Majid

Il donne ensuite aux militaires la consigne de tuer, dans l'enceinte de ces camps, "tous ceux qu'ils penseront être des ennemis".

A partir du 15 avril, l'aviation fait un test en arrosant une trentaine de bourgades des régions d'Erbil et de Souleimaniyé avec des bombes chimiques qui causent la mort de plusieurs centaines d'habitants.

Le 17, un second bombardement chimique sur Balistan tue 400 personnes, auxquels il faut ajouter les 286 survivants... qui sont exterminés par la suite. 

En mai, Ali Al-Majid expédie en Europe des commandos chargés d'éliminer les membres de la diaspora Kurde irakienne.

Puis, le 3 juin, il délimite une zone de plus de 1.000 villages du Kurdistan qui doit être vidée de toute vie, tant humaine qu'animal...

En février 1988, 200.000 soldats irakiens, engagés dans l'opération Anfal, déplacent donc 100.000 civils kurdes. Par la suite, trés méticuleusement, ils rasent environ 90% des villages de ces déportés.

Quelques 15 millions de mines sont ensuite posées pour rendre le territoire inhabitable. Puis, le 16 mars, l'aviation bombarde massivement Habadja. Le lendemain, 5.000 morts gisent au sol, terrassés par des armes chimiques. Les images de ce massacre font le tour du monde... qui découvre à cette occasion que Saddam Hussein et son cousin tuent leur population avec des armes interdites par la Convention de Genève depuis 1925.