Tout autant que Massoud Barzani ou Abdullah Öcalan, Leyla Zana est une dirigeante du mouvement des Kurdes de Turquie. Elle nait en 1961, dans la région de Diyarbakir, et s'engage dés son plus jeune âge dans la défense de la culture Kurde.

2001-Leyla ZanaEn 1991, elle prend la suite de son mari, qui a été emprisonné par les militaires. Candidate d'un parti pro-kurde, elle est élue et devient ainsi la 1ère femme députée Kurde du parlement de Turquie.  

A la place de son serment à la Constitution turque, elle déclare (en Kurde) : "Vive la paix entre le peuple turc et le peuple kurde !"...

L'utilisation de la langue Kurde étant interdite en Turquie, les députés Turcs sont furieux et, dés le lendemain, la presse crie au scandale !

La justice est saisie et Leyla Zana, avec 3 autres députés Kurdes, est condamnée en 1994 pour incitation au séparatisme...


Le fait qu'ils appartiennent tous les 4 au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est non seulement interdit mais également répertorié comme organisation terroriste, leur vaut une peine de 15 ans de prison.


Dans sa cellule, Leyla Zana écrit un ouvrage qui obtient (en 1994 et 1995) 3 prix littéraires, lesquels la font connaître en occident.

Contrariées par sa notoriété, les autorités turques lui proposent, en 1997, une remise de peine... Leyla Zana refuse d'être libérée sans les 3 autres députés Kurdes ! En 1998, prenant prétexte qu'elle a écrit dans un journal Kurde un article qui prône la séparation du Kurdistan de la Turquie, les juges rallongent aussitôt sa peine. En 2001, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) condamne la Turquie pour la façon dont elle a jugé Leyla Zana. La Turquie répond alors au CEDH qu'elle n'a aucun droit pour juger la Turquie...