Fils de 2 immigrés français installés dans l'Indiana, Eugène Victor Debs quitte le domicile de ses parents à 14 ans et entre dans les chemins de fer américains comme ouvrier chargé d'alimenter en charbon les locomotives. Dix ans après, il est devenu rédacteur en chef du journal du syndicat Fraternité des Chauffeurs, a été élu député du Parti Démocrate dans l'Indiana et a fondé le syndicat Union Américaine du Rail (ARU)...

1912-Eugene DebsDebs entraine alors l'ARU dans une grève qui bloque l'activité du fabricant de wagons Pullman et celle de la compagnie Northern Railway, ce qui lui vaut plusieurs mois de prison.

Il fonde ensuite le syndicat des Travailleurs Industriel du Monde (IWW) avant d'être, en 1900, le candidat du Parti Socialiste Démocratique Américain (SDPA) aux élections présidentielles.

Puis, en 1904 et 1908, il est cette fois celui du Parti Socialiste d'Amérique (SPA).

En 1910, Eugène Debs s'élève fermement contre la proposition de George Brewer, dirigeant de le SPA du Kansas, qui veut organiser une campagne contre les immigrés asiatiques.

Toujours sous les couleurs des socialistes, il se présente en 1912 pour la quatrième fois aux présidentielles américaines et y obtient 6% des suffrages.

En 1918, il s'oppose vivement à l'entrée des USA dans la guerre mondiale : il est alors privé à vie de ses droits électoraux et condamné à 10 ans de prison pour "tenu de propos hostiles à l'armée".

Bien que détenu au pénitencier d'Atlanta, en Georgie, Eugène Debs se présente aux élections présidentielles de 1920 et parvient à obtenir 913.664 voix (soit 3,4% des suffrages). Le 25 décembre 1921, il est gracié par le président américain Warren Harding. Pour son ancienne prise de position anti-guerre, Eugène Victor Debs reçoit un symbolique prix Nobel de la paix en 1924. Puis il s'éteint en 1926, dans un sanatorium de l'Illinois.