Au début du 20ème siècle, la fabrication de la bière française se fait surtout dans le nord du pays où un grand nombre de bourgs possède sa brasserie. La région en totalise plus de 1300, lesquelles, profitant du développement du chemin de fer, peuvent vendre leurs bières dans tout le pays. En 1910, la France totalise 2827 brasseries (dont 1929 se trouvent dans le nord du pays). Mais, au lendemain de la 1ère guerre mondiale, le Nord est dévasté...

1987-bieres MichardLa France, qui a perdu beaucoup de brasserie, n'en possède plus que 919.

Après la 2nde guerre mondiale, l'hémorragie continue et ce chiffre tombe à 503 en 1947.

En 1950, la dégringolade continue : il n'en reste plus que 116.

Elle s'accélère encore et, en 1976, les brasseurs français ne sont plus que... 23.

Dans les années 1980, les français se détournent massivement d'une bière devenue trés majoritairement industrielle et d'un goût insipide.

Les derniers brasseurs français décident alors d'élaborer de nouveaux breuvages : des bières blanches, des bières d'abbaye et des bières aromatisées aux fruits. La consommation remonte et, aux début des années 1990, appatées par cette reprise commerciale, de petites brasseries artisanales réapparaissent, d'abord dans le Nord, en Alsace et en Bretagne. Puis, chaque année, une bonne dizaine de nouvelles brasseries voient le jour partout.

Beaucoup s'inspirent d'anciennes traditions locales et produisent des bières goûteuses et trés différentes les unes des autres. A la fin du 20ème siècle, la France possède alors plus de 1.000 brasseries artisanales (elles étaient 2827 en 1910) qui ne se partagent cependant que 6% du marché national de la bière. Mais, artisanat oblige, ces nouvelles brasseries permettent de créer quelques 64.000 emplois à travers tout le pays...