Pour aider les familles à revenus modestes, des sociétés de secours mutuel sont mises en place en France à partir de 1791, pendant la Révolution française. En 1852, Napoléon III rassemble ces sociétés en une seule mutuelle, administrée par des bourgeois qu'il a lui-même nommés. Puis, en 1898, cette mutuelle reçoit le nom de Mutualité Impériale...

En 1902, décidés à aplanir les tensions qui commencent dangereusement à opposer les ouvriers à leurs employeurs, les républicains de la gauche radicale reprennent l'idée de la Mutualité Impériale de Napoléon III et créent, en 1902, la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF). Ils espèrent qu'ainsi, ils couperont l'herbe sous le pied des partis de la gauche révolutionnaire, lesquels ont le vent en poupe.

Sécurité Sociale FrançaiseMais, en 1928, une Assurance Sociale, indépendante de la FNMF, voit le jour...

La FNMF considère la présence de cette Assurance Sociale comme un danger pour elle et la combat en l'accusant de détruire les libertés individuelles... avant d'en prendre le contrôle en 1930.

En 1941, les dirigeants de la FNMF se rallient au régime du maréchal Philippe Pétain et signent la Charte de Vichy.

Puis, en octobre 1945, le gouvernement provisoire du général  De Gaulle met en place la Sécurité Sociale conçue par le Conseil National de la Résistance (CNR).

La création de cette Sécurité Sociale est consolidée en 1946 et la gestion de ses caisses est entièrement confiée aux syndicats ouvriers.

Mais la FNMF, qui ne désarme pas, s'insurge fermement contre l'aspect "obligatoire" de la Sécurité Sociale et, finalement, obtient la responsabilité d'une petite partie des caisses de l'assurance maladie.

En 1967, le gouvernement conservateur de Charles de Gaulle partage, à parts égales, la gestion de la Sécurité Sociale entre les syndicats ouvriers et ceux du patronat. Durant les décennies qui suivent, la présence du patronat et des complémentaires de santé de la FNMF va sans cesse se renforcer au sein de la Sécurité Sociale, si bien que les syndicats ouvriers, devenus minoritaires, n'ont désormais plus aucun pouvoir de décision.