1936-Dolores Ibárruri


Dolores Ibarruri, militante du Parti Communiste Espagnol (PCE), est quasiment illétrée quand, en 1936, elle est élue députée aux Cortes.


Dotée d'un solide don d'oratrice et d'une voix rocailleuse, cette ancienne vendeuse ambulante reçoit le surnom de "Fleur de la passion".

Membre du bureau politique du PCE, elle y défend fidèlement la ligne inféodée à l'URSS de Joseph Staline quand une guerre civile commence à ensanglanter l'Espagne...

Julian Ruiz, le mari de Dolores Ibarruri, s'engage dans les rangs des républicains, lesquels combattent les troupes nationalistes de Franco (soutenues par l'Italie fasciste de Mussolini). "Fleur de la passion" remplace assez vite son mari par Francisco Anton, un autre militant communiste.

En 1939, l'armée républicaine est écrasée par celle des nationalistes et Dolores Ibarruri se réfugie en URSS où elle se met au service de Staline.

Elle incite alors, avec fermeté, les autres réfugiés espagnols à prendre la nationalité soviétique. Son époux refuse : il se retrouve donc affecté à un épuisant travail en usine et finira par mourir de malnutrition. En 1942, Jose Diaz, secrétaire général du PCE, réfugié lui aussi en URSS, se suicide subitement, après qu'il ait accusé Dolores Ibarruri de trahison. Cette dernière prend alors sa place à la tête du PCE.

En 1977, "Fleur de la passion" rentre dans une Espagne libérée de la dictature de Franco et y est accueillie en héroïne par la gauche espagnole, laquelle ne connait pas encore les détails de son parcours politique. A l'âge de 81 ans, elle est réélue et retrouve ainsi son siège de députée aux Cortes. Dolores Ibarruri meurt en 1989 et reçoit un dernier et vibrant hommage d'une grande partie de la classe politique espagnole.