Philippe Pétain, qui veut "effacer" la loi de 1905 séparant l'église de l'Etat, décide en 1940 de tendre la main à monseigneur Emmanuel Suhard, le nouvel archevèque de Paris, et lui propose de mener la "rénovation morale et sociale du pays". En échange, Mgr Suhard obtient du gouvernement pétainiste de conséquentes subventions pour les écoles catholiques. En 1942, quelques évèques protestent contre les rafles de juifs...

Pierre Laval exige alors que Mgr Suhard remette de l'ordre dans les rangs du clergé, qu'il explique au Vatican la position de la France et qu'il neutralise les évèques qui font de la "propagande gaulliste" ! En février 1944, le clergé français condamne la Résistance armée et, en avril, en présence de Pétain, Mgr Suhard célèbre une messe pour les victimes des bombardements alliés. Puis les Allemands s'adressent à leur tour à Mgr Suhard...

Notre Dame de ParisIls lui demandent d'inciter les Français à accepter d'aller travailler en Allemagne pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en leur présentant ce départ comme une croisade contre le bolchevisme.

Mgr Suhard leur demande si, dans ce cas, il doit aussi rappeler aux Français que son église a condamné l'idéologie nazie.

En juin, il célèbre les obsèques nationales de Philippe Henriot, ministre de l'information, abattu par des résistants.

La capitale de la France est libérée en août et Mgr Suhard est convaincu que le trés pieux Charles de Gaulle va faire appel à lui pour une cérémonie spéciale dans la cathédrale Notre Dame de Paris.

Mais le prélat est alors informé que les résistants chrétiens qui entourent le général de Gaulle y sont fermement opposés...

Mgr Suhard se dit stupéfait, ne voyant pas ce qui, dans son passé, pourrait justifier une telle décision !