Forte d'une éclatante victoire aux élections législatives de 1997, la gauche française décide de faire basculer le pays vers la semaine de 35 heures de travail. Une 1ère loi est votée le 13 juin 1998 : elle reçoit le nom de Martine Aubry, la ministre de l'emploi du gouvernement de Lionel Jospin. Cette loi Aubry 1 fixe donc la durée légale hebdomadaire à 35 heures et incite par ailleurs les entreprises à conclure des accords branche par branche... 

1998-Martine AubryElle prévoit également que les entreprises qui augmenteront d'au moins 6% le nombre de leurs salariés bénéficieront d'une minoration de cotisations sociales.

Une loi Aubry 2 est alors votée pour légaliser la mise en place de la loi Aubry 1...

Tout cela provoque la colère d'Ernest-Antoine Seillière de Laborde, président du Conseil National du Patronat Français (CNPF) et du patronat français qui s'activent à obtenir sa modification...

Le CNPF réussit ainsi le tour de force de faire annualiser le temps de travail... et ce sans condition d'embauche !

Désormais, la durée légale peut donc également être de 1600 heures par an de "travail effectif", ce qui permet de décompter les temps de déplacement, d'habillage et de pause.

De plus, le CNPF obtient que toutes les entreprises dont la "durée collective de travail" ne dépasse pas 35 heures bénéficient de réductions des charges sociales.

Le détournement des lois Aubry au profit du patronat finit par rendre les salariés hostiles aux 35 heures, bien qu'elles aient permis de créer 350.000 emplois (pour un coût annuel de 12.800 € par emploi, à comparer avec l'indemnisation moyenne d'un chômeur qui est alors de 12.744 €). Cependant, pour les salariés, le seul aspect vraiment positif de ces lois est l'obtention de jours (ou heures) de Réduction du Temps de Travail (RTT).