1941-les chefs pétainistes

Cadre de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO), Marcel Déat doit normalement succèder à Léon Blum mais, en 1933, il en est exclu pour dissidence. Battu aux élections législatives de 1936, il se retire de la politique et se consacre alors au journal L'Oeuvre. En 1939, il propose en vain à Pétain de fonder un parti unique. Quant à Eugène Deloncle, il est le co-fondateur du groupe ultranationaliste La Cagoule (en 1935)...

En 1940, Eugène Deloncle, qui bénéficie de l'appui de Pierre Laval, crée le Mouvement Social-Révolutionnaire (MSR) pour défendre la Révolution nationale de Philippe Pétain et la collaboration avec Adolf Hitler. Deloncle co-fonde ensuite, avec Marcel Déat, un parti unique appelé Rassemblement National Populaire (RNP). Déat et Deloncle s'y concurrencent mais Deloncle parvient peu à peu à écarter Déat de la direction du parti.

Le 14 juin 1941, pour le 1er congrès du RNP, Deloncle fait venir des militants de son parti, le MSR, pour siffler Déat. La semaine suivante, l'Allemagne attaque l'URSS : Eugène Deloncle et Jacques Doriot décide aussitôt de créer la Légion des Volontaires Français (LVF) pour envoyer des Français combattre le bolchevisme aux côtés des Allemands. Marcel Déat est alors invité à la cérémonie d'incorporation des 1ers volontaires...

Des coups de feu sont tirés sur lui par Paul Colette, un des tueurs d'Eugène Deloncle. Mais Marcel Déat, qui n'est que blessé, réquisitionne le service d'ordre du RNP pour une expédition punitive contre les nervis du MSR qui occupe le siège du Rassemblement National Populaire. Le 9 novembre 1941, Déat est totalement maître du RNP, un parti qu'il entend bien maintenir à gauche et voir continuer de soutenir le nazisme d'Adolf Hitler !