En mai 1943, l'armée japonaise affecte quelques 150.000 personnes à la construction d'un chemin de fer entre Bangkok (en Thaïlande) et Rangoon (en Birmanie). Environ 100.000 d'entre eux sont Indonésiens, Malais, Birmans ou Thaïlandais et les 50.000 autres sont des prisonniers de guerre australiens, américains, hollandais ou anglais. Pour l'état-major japonais, la construction de cette voie a une importance stratégique énorme...

1943-Armee japonaiseIl est en effet convaincu que, dés qu'il pourra y déplacer ses troupes, le Japon gagnera la guerre ! L'état-major a donc donné 6 mois aux officiers nippons pour faire construire les 415 kilomètres de voies et les 14 kilomètres de ponts par les 150.000 travailleurs dont ils disposent. Des camps sont construits le long de la rivière Kwaï, en pleine jungle. Pour les soldats japonais, les prisonniers sont des esclaves dépourvus de tout droit.

Leur seul utilité est leur capacité de travail et les fosses, creusées dans la jungle, permettent d'entasser les corps de ceux qui meurent d'épuisement, de faim ou de maladie. Les médicaments envoyés par la Croix-Rouge, pour soigner les prisonniers, sont récupérés par les soldats japonais. Le sol de la voie ferrée est nivelé à la main et les traverses sont débitées dans des arbres abattus à la hache. Les ponts sont entièrement réalisés en bois...

Contrairement aux prisonniers anglais, les prisonniers hollandais s'ingénient à saboter les ouvrages pour les rendre inutilisables au bout de quelques mois. Les détenus blancs qui refusent d'être traités en esclaves sont immédiatement décapités. Au total, le chantier ferroviaire de l'armée japonaise va coûter la vie à 16.000 des 50.000 prisonniers occidentaux... et à pratiquement la totalité des 100.000 asiatiques réquisitionnés !