René Depestre a 21 ans quand, en 1946, éclate la révolte populaire qui renverse le dictateur haïtien Elie Lescot. Ce dernier est aussitôt remplacé par un autre despote et René Depestre, qui a activement participé aux émeutes, fuit Haïti pour Paris. Là, il a l'occasion de voyager et rencontre ainsi Pablo Neruda, Aimé Césaire, Ernesto Che Guevara et l'anthropologue haïtien Jean Price-Mars. Puis, en 1956, il décide de retourner en Haïti...

René DepestreMais, recherché par la police du dictateur François Duvalier, il doit entrer dans la clandestinité. Il se terre pendant 3 ans et, en 1959, Che Guevara lui propose de s'installer à Cuba...

René Depestre y est accueilli à bras ouvert et il devient même un des cadres de l'Internationale.

Il se voit également confier la direction de l'Imprimerie nationale cubaine et travaille pour plusieurs journaux, dans lesquels sont publiés bon nombre de ses poèmes.

Néanmoins, bien qu'il défende résolument la Révolution cubaine, René Depestre garde soigneusement ses distances vis à vis du régime de Fidel Castro.

Il se tient régulièrement au courant de l'évolution de la situation politique en Haïti, qualifiant son régime dictatorial de "fascisme du sous-développement". 

En 1978, il s'inquiète de l'emprise grandissante de l'URSS sur Cuba et proteste également contre l'acharnement politique que subit le poète cubain Heberto Padilla. De plus, René Depestre s'insurge avec véhémence contre le racisme galopant qui envahit Cuba...

Pour toute réponse, Fidel Castro le fait mettre en résidence surveillée et toutes ses fonctions publiques lui sont retirées. Il fuit alors Cuba et rencontre par la suite Ho Chi Minh au Vietnam et Mao en Chine. Puis, il se met au service de l'UNESCO, l'organisation culturelle de l'ONU. René Depestre s'installe de nouveau en France, où il décèdera en 2000.