En 1916, lors des négociations des accords Sykes-Picot pour le partage de l'empire Ottoman entre l'Angleterre et la France, Chaim Weizmann et David Ben Gourion demandent que la frontière nord du futur "foyer national juif" touche la rivière Litani et englobe le mont Hermon, empiétant ainsi sur une grande partie du sud du Liban. Les responsables sionistes avancent que, de la sorte, l'approvisionnement en eau de leur état sera assuré...

la riviere libanaise LitaniEn 1923, la France annonce son refus définitif de céder une partie du Liban et Israël s'incline.

Mais certains dirigeants israéliens ne renoncent pas et, en 1954, Ben Gourion, Pinhas Lavon et Moshe Dayan prépare un plan secret pour envahir le sud du Liban (qui est désormais indépendant).

Leur idée est de s'allier aux chrétiens maronites libanais pour les aider à créer un Etat chrétien, lequel serait inféodé à Israël.

Mais Moshe Sharett, 1er ministre israélien, évente le secret et s'oppose alors fermement à cette invasion. En 1976, c'est l'armée syrienne qui entre au Liban et plonge le pays dans une guerre civile meurtrière. Israël prévient aussitôt la Syrie que si elle franchit le fleuve Litani, elle s'exposera à une violente contre-attaque. Dans le sud du Liban, Israël arme aussitôt une milice chrétienne, qui se proclame Armée du Liban Sud et crée l'Etat du Liban Libre en avril 1979.

Israël en profite pour pomper abondamment l'eau de la Litani, du moins jusqu'en 2000, année où les troupes paramilitaires des musulmans chiites du Hezbollah libanais interviennent et forcent  l'armée israélienne à reculer. Cette dernière parvient cependant à garder environ 30 km2 de terres richement pourvues en petits cours d'eau et une partie du mont Hermon, qui est réputé pour être le "château d'eau" du sud de l'Etat du Liban...