La guérilla des combattants maoïstes du Sentier lumineux provoque une répression violente de l'armée péruvienne. Des dizaines de milliers de paysans fuient alors le théâtre des affrontements pour se réfugier à Lima, la capitale, où ils construisent des bidonvilles sur les pentes des rares endroits encore disponibles autour de la ville. La pression démographique devient insupportable et, en 1971, 200 familles de paysans décident de partir...

1971-Juan Velasco AlvaradoIls s'emparent de terrains privés à Pamplona, une ville proche de Lima, mais sont finalement rejoints par 9.000 autres familles qui arrivent à leur suite et provoquent alors une incroyable pagaille.


Face à ce désordre, le général Juan Velasco Alvarado, président du Pérou, fait mettre en place des convois de bus qui déportent ces paysans jusqu'aux portes du désert du Huaycan où ils devront construire eux-même leurs maisons et... une ville nouvelle !


Le gouvernement d'Alvaredo fournit à ces déportés les plans des infrastructures qu'ils doivent réaliser en échange d'un raccordement gratuit à l'eau et à l'électricité.

La ville autogérée qui surgit rapidement de terre prend donc tout simplement le nom de Huaycan.

Dans les années qui suivent, les pionniers veillent à ce que les nouveaux arrivants respectent la stabilité sociale de l'agglomération qui, en 1975, dépasse désormais les 130.000 habitants...

En 1996, le nouveau président Alberto Fujimori décide d'en privatiser les terres et les habitants reçoivent tous un titre de propriété. Puis, la distribution de l'eau et de l'électricité est attribuée à des sociétés privées et les terres non bâties sont vendues à des promoteurs qui y construisent de luxueuses villas. Le renchérissement du coût de la vie conduit peu à peu les plus pauvres à retourner dans les bidonvilles de Lima... où ils n'ont plus ni eau ni électricité.