Chargé de reéorganiser Paris dans la 2nde moitié du 19ème siècle, le préfet Georges Haussmann n'a pas fait qu'en redessiner les rues : il a également vidé la capitale française de toutes ses usines en les déplaçant en banlieue. C'est ainsi que, se trouvant sur la ligne de chemin de fer qui relie Paris aux mines de charbon du nord de la France, la ville de Saint-Denis devient le plus important complexe industriel de toute l'Europe...

1920-La Plaine-Saint-Denis


En 1900, quelques 300 usines de métallurgie et de chimie, de fabriques de textiles ou d'objets en cuir y sont installées.


Les salariés de ces entreprises sont alors pour 70% des ouvriers et pour 20% des employés, grâce à qui le Parti Communiste Français (PCF) s'empare de la mairie de Saint-Denis en 1920.

Mais, en 1958, le président Charles de Gaulle décide de renforcer le tissu industriel de la province et ce rééquilibrage va se faire au détriment des banlieues de Paris. Les avantages fiscaux offerts aux entreprises qui partent en province détricotent peu à peu le tissu industriel de Saint-Denis, au profit de Compiègne, Poissy, Nantes et Quimper. Entre 1958 et 1968, Saint-Denis perd 14.000 emplois et le choc pétrolier de 1974 amplifie ce mouvement.

La mairie, le département et les syndicats tentent de freiner les départs d'entreprises mais la zone industrielle de La Plaine devient un immense terrain vague, peuplé de bâtiments à l'abandon et, en 1990, le chômage atteint 14% dans la commune. Les élus communistes changent alors de stratégie et créent Plaine Développement, une société d'économie mixte qui rachète un à un les terrains délaissés de La Plaine...

Le but de l'opération est de réaménager La Plaine en zone de bureaux. Le Stade de France y est construit, ainsi que 2 gares de RER. L'autoroute A1, qui passe à proximité, est entièrement recouverte et les promoteurs immobiliers construisent ensuite des immeubles de bureaux qu'ils louent 3 fois moins cher qu'à Paris. Cependant, le chômage diminue peu car les entreprises qui s'installent à Saint-Denis y amènent leurs propres employés...